Mercredi 28 octobre 2009
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La Chorale des maîtres bouchers, de Louise Erdrich
Quatrième de couverture :
1918. De retour du front, Fidelis Waldvogel, un jeune soldat allemand, tente sa chance en Amérique. Avec pour seul bagage une valise pleine de couteaux et de saucisses,
il s' arrête à Argus, dans le Dakota du Nord où, bientôt rejoint par sa femme et son fils, il décide d' ouvrir une boucherie et de fonder une chorale, en souvenir de celle des maîtres bouchers où
chantait son père.
Des années 1920 aux années 1950, entre l' Europe et l' Amérique, ce roman à la fois épique et intime retrace le destin d' une famille confrontée au tumulte du monde.
Un roman d' une richesse presque inimaginable : l' exploration d' un monde où les bouchers chantent comme des anges. Kirkus Review.
Ce roman est un somptueux requiem, une cantate pour coeurs blessés, sous la baguette d' une très grande dame des lettres américaines.
André Clavel, Lire.
Mon avis :
Je ne sais pas pourquoi, j' ai eu beaucoup de mal à avancer avec ce livre, plusieurs fois j' ai pensé à l' abandonner et pourtant, je le trouvais intéressant et c' est
pour celà que j' ai persisté.
Ce livre est riche au niveau de la galerie de personnages, on accompagne avec satisfaction l' évolution dans leur comportement, on prend connaissance des épreuves dures,
parfois insupportables qui mouleront leur personnalité et détermineront le cours de leurs rencontres et leurs éloignements, de leur amour et de leur disputes.
Fidelis, celui autour de qui gravitent toutes ces vies, est un personnage ambigü. Au sortir de la Grande Guerre, il se sent desaxé, déshumanisé parce qu' il était tireur d' élite et voit défiler
devant ses yeux tous ces gens qu' il a stupidement tué au nom de sa Patrie. Le choc est immense, tout lui rappelle la guerre, en premier lieu sa femme, Eva, enceinte de son meilleur ami mort à la
guerre et qu' il décide d' épouser par honneur et respect pour celui-ci.
L' émigration était peut- être un moyen de fuir ses démons, sous couvert de trouver une vie confortable et créer une richesse de l' autre côté de l' Atlantique, à un moment où l' Allemagne
était totalement détruite et mettrait plusieurs années avant de se reconstruire. Mais rien ne peut s' effacer de la mémoire, et c' est en spectateur impuissant qu' il verra quelques
années plus tard ses fils enrôlés dans une nouvelle guerre avec la même frénésie et espoir qui brillaient dans ses propres yeux lorsqu' il avait commencé la "sienne".
Dans cette nouvelle vie en Amérique il devra se confronter à la difficulté d' apprendre une nouvelle langue, adopter de nouvelles coutumes de vie, créer un commerce stable qui lui permette de
se noyer dans le travail et pacifier ses tourments, nouer des relations avec des êtres, qui ne peuvent imaginer son vécu et ses pensées insondables et obscures...
Dans cet univers il coexistera avec d' autres personnes, Delphine, Roy, Cyprian, "tante" Maria Theresa, Un-pas-et-demi... des personnages hauts en couleurs, plus attachants les
uns que les autres, qui ont chacun leur blessures personnelles mais qui tentent comme lui d' avancer et se reconstruire...
Delphine, personnage principal selon moi, jouera un rôle primordial, lorsqu' il deviendra veuf et éprouvera une difficulté immense à élever ses quatres enfants; elle ne pouvait que devenir sa
femme quelques années plus tard... Elle aussi, les difficultés de son enfance imprégent ses échecs à l' âge adulte, mais c' est une femme de caractère qui saura défier le destin...
La chorale qu' il crée avec certains amis est un moyen universel de libérer ses impulsions, sa rigidité, sa noirceur, de se rendre plus digne à ses yeux, de garder un contact avec son pays, ses
attaches, son passé. Cependant elle est selon moi, peu présente dans ce roman, on en viendrait presque à se demander si le titre du livre est bien approprié.
J' ai trouvé que ce livre permet une belle réfléxion sur les blessures que la guerre laisse dans les esprits et qui se répercutent à travers les générations. Elle engendre beaucoup de
ressentiments refoulés, de non-dits, et passe comme un rouleau compresseur dans les esprits qu' elle habite.
Ce livre m' a paru intéressant, mais j' ai trouvé qu' il avait pas mal de longueurs qui auraient pu être évitées, et puis pendant un moment j' ai presque oublié le fait qu' il s' agissait d' une
émigrant en Amérique! J' ai eu l' impression de me plonger uniquement dans le petit univers d' une bourgade du fin fond du Dakota du Nord au début du XXè siècle et que finalement l' auteur
dressait surtout le tableau de ces vies qui ont eu un jour à se croiser.
En résumé, je dirai que c' est un livre riche par son contenu, mais qui ne m' a pas totalement emballée. A l' inverse j' ai lu plusieurs avis très élogieux sur internet...
Merci à Suzanne, du site
Chez-les-filles.
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