Les âmes volées, de Gilbert Bordes
Quatrième de couverture :
Ils chantent. Ils sont heureux. Vêtus d' une aube de toile rêche, malgré le vent et le froid, ils louent dès l' aurore les bienfaits de Moragne, le prophète de l' Eglise des
Deux Sphères.
Estelle a retrouvé la paix de l' âme dans la communauté. Mais a-t-elle oublié sa fille, Pauline, qui ne s' exprime plus que par la colère depuis le départ de sa mère ? A-t-elle oublié son
mari, Jérôme, ancien rugbyman impulsif prêt à faire le coup de poing pour la récupérer ? Et que va-t-il advenir d' elle si Moragne la choisit comme servante particulière ?
Derrière la joie et l' harmonie qu' affichent les sectes, fanatisme, sexe et cupidité règnent en maîtres. Dans ce nouveau roman, Gilbert Bordes en dénonce les mécanismes pervers.
Mais il leur oppose aussi le courage de ceux qui luttent pour une liberté primordiale : celle de la conscience.
Mon avis :
Le sujet a tout pour me plaire a priori. Il évoque de façon romancée un débat qui prend de l' ampleur de nos jours, à savoir comment respecter deux principes
contradictoires. C' est à la fois la nécessité absolue de respecter la liberté de conscience, la faculté pour chacun de choisir ses options de vie, selon ses valeurs et croyances; c' est également
l' obligation de la société, plus globalement de l' Etat, d' assurer l' ordre public, de garantir la sécurité et la liberté de ses citoyens face à des organisations mafieuses, qui n' hésitent pas à
dépouiller ses victimes de toute capacité de réfléxion. Où s' arrête donc la liberté de chacun? Qu' est-ce qui justifie l' ingérence de l' Etat dans ces milieux quand bien souvent les
adhérents rentrent par la grande porte, de leur plein gré ? Ce sont là quelques questions intéressantes dans notre monde actuel! Car il est à noter qu' en période de crises comme
actuellement, beaucoup de personnes s' accrochent à un dernier espoir, et ce sont souvent ces vendeurs d' illusions qui sont là pour les assister, les réconforter pour mieux les enrôler...
J' ai apprécié l' écriture de Gilbert Bordes que je découvre pour la première fois, je n' y est pas rencontré de surprises, biensûr c' est l' image que l' on se fait plus ou moins des sectes.
Mais alors, je me suis demandé comment tombe-t-on là dedans? Celà me paraît impossible, peut- être suis-je trop froide ou insensible, mais je ne conçois pas que parce qu' on se pose des questions
sur notre place, notre rôle sur Terre, on va s' enfermer avec des inconnus pour chercher un réconfort spirituel. En certains points cette quête s' apparente à la religion finalement. D' ailleurs un
passage fait cette comparaison p. 80 :
" - Quelles est la différence entre une secte et une religion?
[...]
- Voyons ! Une secte, c ' est une entreprise crapulaire, destinée à gouverner des esprits faibles pour les dépouiller. Elle enferme, prive ses membres de liberté, les assujettit, en fait des
esclaves, alors qu' une religion libère l' homme...
-Si c' était aussi simple..."
Il faut certainement être dans un état d' esprit particulier pour se laisser aveugler de la sorte... et c' est certain que je n' ai pas à juger des êtres qui sont dans un mal-être
aussi profond. Mais c' est très inquiétant tout de même.
J' aurai peut- être apprécié que la psychologie des personnages soit plus développée, mais je peux dire que j' ai apprécié cette lecture pour son sujet et l' écriture qui est agréable.
Je poursuivrai ma découverte de G. Bordes par
Le voleur de bonbons.
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